lundi 31 août 2009

Absence

Les gens, je vous laisse avec cette gentille péniche qui a croisé au Faubourg des III Maisons il y a quelques jours.

J'ai encore plein de photos de cet été dans mon escarcelle, je prends du retard!
Mais là, je pars marcher, camper et photographier là:



J'vais me geler certains attributs sphériques à la pilosité développée, mais je peux te dire que ça empêche pas que ce soit cool!


dimanche 30 août 2009

Errance...

Une journée de perdue? Je ne sais pas. A errer, appareils en main entre le Faubourg des III Maisons, le pont de Malzéville et le port de Malzéville. Je pars demain pour dix jours, peut-être plus dans les Alpes, puis les Vosges. Quand je reviendrai, Nancy aura replongé dans l'activité de "l'année scolaire", et la Lorraine glissera insensiblement vers l'automne. Tout aura changé. Le nez s'approchera à nouveau dangereusement du guidon.

Les bestioles lascives sur les rives du canal, les planeurs paresseux là-haut sur le plateau de Malzéville, les rues désertées et écrasées de chaleur du Faubourg... il sera temps d'arrêter d'écouter de la pop, Borodine et du post-rock lumineux pour réintégrer du punk crasse et de l'indus grinçant, et le Deutsches Requiem de Brahms.

La vue sur la balafre des côtes de Maxéville, entaillée pour faire passer l'autoroute, va devenir nue. Et l'autoroute plus visible encore. Le feuillage va tomber. L'autoroute plus audible encore.



J'dis pas ça à cause des canards, enfin, pas juste à cause de ça, mais de cet été, les descentes de la Moselle de Pont-Saint-Vincent à Villey-le-Sec m'auront marqué.




J'aimerais bien faire du canoë sur la Meurthe et passer sous le pont Vayringe et sa passerelle.



Accoster au pied de la Douëra et de Malzéville... ah, cet été, y'a des gens qui m'ont manqué. D'autres avec qui on renoue des liens (qui n'ont jamais vraiment disparu, c'est le principe des amis) et c'est chouette. Pourquoi l'hiver est une saison d'activité? Pourquoi le grand congé payé est une tradition d'été? Pourquoi on encourage à lézarder, uniquement? C'est chouette aussi d'hiberner. Allez hop, on multiplie par deux les congés payés, là, tout de suite, et on se prépare à hiberner!

Ouais... ça me fait bizarre cette fin d'été, alors que j'aime l'automne et que j'adore l'hiver. Mais la transition est étrange. Le problème, c'est pas la saison, c'est les transitions.

Ça me rend un peu spécial, hein, les errances dans le quartier?

Ça me donne envie d'écouter Inoculated City par The Clash:



samedi 29 août 2009

En attendant l'automne...


Quelques vues de Nancy sous le noir & blanc automnal qui nous attend... et que j'attends!






(Images du 8 août 2009)

vendredi 28 août 2009

Les façades du Faubourg




Dans ce que j'appelle "le Cul du Faubourg", c'est à dire toutes les rues entre la rue du Faubourg des III Maisons, la rue de Malzéville et le canal, même si ici je déborde en incluant les rues de l'entonnoir que forment la rue de Foucault et la rue Sigisbert Adam, il y a des façades qui dépotent un peu, quand le soleil s'en mêle. J'aime bien aussi ce coin, ces marges du Faubourg, rues très calmes où ça lézarde sec en été:




Mais quand on revient dans la rue du Faubourg des III Maisons, on tombe toujours sur une petite originalité qu'on ne trouve pas ailleurs...




jeudi 27 août 2009

Pâté lorrain


Ancien site Alsthom, Nancy



(vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en grand, comme toutes celles de ce blog, si vous ne parveniez pas à lire les bulles. Ça vaut le coup!)

Chemin de l'Ermitage


L'ancien chemin de Croix qui crapahute dans la côte entre le Haut-du-Lièvre et Nancy, juste avant Maxéville... agréable à toutes les saisons, qu'on se le dise. Un peu casse-gueule les jours de gel, faut avouer.




Wesh, salut à toi aussi, gros. Mais j'm'appelle pas Rex?

mercredi 26 août 2009

Rives de Meurthe


Bienvenue sur les rives de Meurthe. Non, on ne va pas loin de Nancy, on en est à quelques petits kilomètres, précisément à Champigneulles, derrière les brasseries.

Cet endroit, c'est un peu l'enfer des cyclistes dont je fais partie. C'est pour ça que je l'évite le week-end et que j'y vais en semaine. En été, y'a le parcours à la carpe de nuit. Ce que c'est, ce que ça implique, les pêcheurs à la carpe ultra-pointus avec le dernier gadget à la mode, tout ça, je m'en fous. Ce que j'aime bien, c'est que les gens viennent de tous les coins, y compris d'Allemagne, pour pêcher. Y'a du camping et du barbecue plein les rives pendant plusieurs jours, et du monde qui vit là quelques jours, en permanence, ça vient en famille, avec les femmes, les gosses et les bières. Et moi ça me fait plaisir.

Là où c'est quand même le plus chouette, ce coin des rives de Meurthe, entre Maxéville et le Moulin Noir de Lay-Saint-Christophe, en passant par Malzéville ou Champigneulles selon la rive, c'est l'hiver. L'hiver quand c'est vraiment tout givré et gelé de partout, que rien ne bouge à part la tête d'un héron qui guette nerveusement les alentours. Là, oui, c'est vraiment magique.



Là, au-dessus, c'est la vue vers Nancy. On tombe avant Nancy sur la hauteur de la Fourasse, cet ancien oppidum qui va bien.



Je n'ai pas pu aller faire des photos depuis la passerelle du Moulin Noir, parce qu'il y avait des travaux. Là, on voit quelques maisons de l'ouest de Lay-Saint-Christophe.





En revenant, le vue vers ces chères brasseries de Champigneulles... pas pu m'empêcher...



Et voilà. La passerelle du Moulin Noir et les rives de Meurthe vous saluent!

(photos du 24 août 2009)

mardi 25 août 2009

Downtown Lunéville - billet subjectif


Rien à voir avec Petula Clark. Ici c'est Lunéville. Les rues de Lunéville. Gangs of Lunéville. La fureur de vivre tranquille.

Bon. Les gens que je connais à Lunéville vont partir très bientôt pour le Jura. Je ne les blâme pas, même si j'aime bien blâmer. Parce que le Jura, c'est quand même beau. Et bon. D'ailleurs, j'avoue préférer la saucisse de Morteaux aux faïences de Lunéville, qui sont définitivement moins digestes. Mais j'irai moins à Lunéville, du coup. Alors j'en profite encore une fois. Mais tu vas voir, ce billet va virer coup de gueule, rapport à des conversations récentes que j'ai eu avec des gens de Nancy. Hé, je vais sûrement écrire des trucs que je vais regretter. Boah, j'pourrai toujours dire que la colère m'aveuglait.

Parce que tu vois, faut pas être bégueule non plus. Au-delà de sa réputation, fondée ou non, de ville désœuvrée et tout ce que tu voudras, au-delà de sa réputation de ville des reuleuleus, c'est une chouette petite ville qui mérite qu'on s'y intéresse.

On me rabat les oreilles à Nancy avec ces phrases assassines sur Lunéville. Et ça commence à me chauffer. Parce qu'il n'y a pas de cons à Nancy? Eh bah j'voudrais bien voir où t'as vu jouer ça, dis-donc. Et même, même si tout ce qu'on dit sur Lunéville était vrai, est-ce que ce serait une raison de ne pas y aller, de mépriser, de jouer son snob? Non. Bon.



Soyons clairs. Ces blagues sur Lunéville, je les fais avec mes camarades lunévillois futurs Jurassiens. Et on rigole bien. Ce n'est pas très fin, mais on s'amuse, comme disait Villeret. Là où je m'inquiète, c'est quand les gens ils ne rigolent pas. Ils disent ça, et ils ne plaisantent pas. Ils se félicitent juste, eux, de pas en être, des reuleuleus et se font les gros yeux entre eux pour se dire "oh mon dieu non, tout sauf ça" et touchent du bois avant d'aller boire un capuccino en centre-ville de Nancy, voir une expo dans une galerie en Vieille-ville et finir au café-théâtre. J'crois que là, la reuleuleuïtude, ils la tiennent, là. Ouais je caricature, je fais ma tête de lard, holzkopf en diable. Et j'adore ça. Pour en revenir à Lunéville, voilà exactement le genre de petite ville qui attire les remarques hautaines de gens hautains. Alors que Lunéville, c'est comme partout. Y'a des gens.



D'autant plus que les gens de Lunéville, ils boivent aussi des cafés italiens, ils vont aussi au théâtre, ils aiment bien l'art aussi. Ouais. Ce qui se passe, c'est que les gens de la ville qui racontent ces fadaises, ils ne sont pas beaucoup. Heureusement, sinon j'aurais quitté Nancy depuis longtemps. Mais qu'est-ce qu'ils crient fort! Quand mes camarades Lunévillois me disent: "ouais mais c'est la cambrousse, c'est plein de péquenots ici!", je ne peux me retenir de leur dire "ouais mais à Nancy, c'est la ville, c'est plein de snobs, c'est pas mieux". Bon. Mais y'a quelque chose qu'on ne peut pas enlever à Lunéville, c'est que c'est une ville sur la route des Vosges, que ses rues, c'est encore un peu comme certains coins de Nancy, mais c'est déjà comme certains autres de Baccarat, qui sont eux-mêmes comme d'autres Saint-Dié... Lunéville, je la vois comme une sortie de ville étape, une porte vers un autre bout de Lorraine, une sortie de la région de Nancy, au sens large. Avec tout ce que cette notion de passage et d'étape avant un ailleurs implique d'excitant. Nancy n'est pas Lunéville, et Lunéville n'est pas Nancy. Les choses sont évidemment bien plus compliquées que je ne le décris, les ambiances, ça ne s'explique pas. Ça se renifle. Ami de Nancy ou de n'importe où, prends un jour le temps d'aller à Lunéville. J'veux dire, va pas au château, si tu le connais déjà, va à Lunéville. Faut se paumer un peu dans la ville et parler à des gens. Même si tu vas tomber sur un milieu effectivement très différent du tien, éventuellement. Tu vas voir, ça fait du bien. Après, tu pourras dire, sur Lunéville. Ce que tu veux. Mais essaye, nom d'un pipe (en bois).

Je t'accorde une chose, c'est qu'il n'y a pas que des trucs heureux à l'oeil, à Lunéville:



Oh, mouais, hof, bon, c'est un style, quoi.

P.S.: bonjour et hommage au grand gaillard barbu de la SNCF, à la gare de Lunéville! Ce type est génial, il a quelque chose de rassurant, il EST Lunéville. Je sais pas comment dire ça. Mais j'ai toujours eu beaucoup d'affection pour lui: on ne se connaît pas, mais bonjour monsieur quand même, si par miracle vous me lisez un jour!

lundi 24 août 2009

Nancy, fermeture estivale


(Rue de la Craffe)

(Rue des Frères Henri)

C'est encore les vacances à l'école privée Saint-Vincent! (rue de Solignac)

(Rue du Faubourg des III Maisons)

Découpons la Porte de la Craffe!


Allez hop! A la disqueuse photographique, la vieille porte de Nancy!




(Images du 23 août 2009)

dimanche 23 août 2009

Clignement de paupières...


En écho aux jolies photos de m'sieur Gérard sur les moissons et les ciels en Lorraine, je vais puiser dans mon fonds argentique, et après un passage au scanner, je livre ici cet instant magique d'avant l'orage, dans la Saulnois mosellan...

Au terme d'un bel été 1999, rythmé par le balais incessant, jusque tard dans la nuit, des tracteurs rentrant le fourrage, vite, vite, avant l'orage annoncé du lendemain... un bon souvenir d'il y a dix ans, dans lequel flotte plein de paille odorante.


Ces photos ont été prises à Mulcey, dernier village avant Dieuze, en arrivant de Nancy.

La sortie du Passage Digot



La sortie, la sortie... ça dépend, si tu viens de la rue de Metz, c'est l'entrée. Mais moi je viens de la rue du Faubourg. Alors c'est la sortie.

Sortie fort matérialisée, avec excès, qui après un court goulot s'ouvre sur la rue de Metz et ses successions de bus, dans un sens, de voitures, dans l'autre. Cette rue qui peut en moins de dix minutes passer du calme plat au capharnaüm. Cette rue longue, si longue, bien longue qui va échouer à l'entrée du Cours Léopold, et qui bien que fort belle, paraît interminable à qui chemine depuis, ou vers la gare, un plein sac au dos, une pleine valise à la main, sous le cagnard...





Et voilà. Le Passage Digot, c'est terminé. Sur ton écran, en tous cas. Parce qu'en vrai ça continue. Vas-y faire un tour un jour, c'est quand même la sympathie incarnée, cette chouette "ruelle à la con"... (oh le vilain clin d'œil! hé hé)

vendredi 21 août 2009

A la recherche du passage Digot -suite

Mais le passage Digot, ce n'est pas juste une ruelle aveugle. D'ailleurs ce n'est pas une ruelle, ni un sentier, ni une venelle. C'est un passage.

Au milieu, d'un coup, ça s'évase. Et pouf, des immeubles, des maisons, oasis urbaine de calme et de verdure côtés jardins. Une habitante des lieux ne cesse de me parler de ce calme qui règne à quelques mètres des voitures. Moi, qui suis côté voitures du quartier, je l'envie un peu.









(Et demain, on verra la sortie du passage côté rue de Metz. C'est pas très exotique, mais par contre, c'est quand même chouette)

jeudi 20 août 2009

Passage Digot, le couleur d'encre

Dès fois, je vais loin. Même sur d'autres continents, ça m'est arrivé. Et c'est chouette. Et je le referai. Rien que pour aller voir Xophe et aussi de la famille à Montréal. Rien que parce que Sarajevo et Belgrade me manquent. Mais il y a des fois, pas toujours mais des fois, où ça se passe au coin de la rue. Récit d'une petite aventure entre chez moi et le bout du passage Digot... ho, deux-cent mètres tout au plus... et une heure à flâner et à traquer des images, ici, au Faubourg des III Maisons, à Nancy.






Il est possible de passer beaucoup de temps dans une seule ruelle. Parce que, comme aurait dit notre maître à tous, Jean-Claude Van Damme, "le zoom, tu vois, c'est dans ta tête qu'il faut le faire. Si t'as le brain close-up, hein, tu as l'infinity dans les yeux". C'est compris?











(la suite du Passage Digot demain... il est plus long qu'il ne semble!)

mercredi 19 août 2009

C'est du joli...


On dirait bien le fameux et magnifique pilier torsadé de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port...

Et là, on dirait bien la sombre et proprement gothique cathédrale de Metz!



mardi 18 août 2009

Jarville


Une banlieue de Nancy, Jarville, au sud. Je connais mal, je suis de Nancy nord. Ça peut paraître con, mais c'est comme ça. Jarville... quelques images des blocs qui me fascinent. Je ne saurais y évoquer une quelconque ambiance, comme je peux parfois me permettre d'en raconter, avec mon point de vue pas très objectif sur le Haut du Lièvre, le Jéricho, les Balcons de Velchée ou les Nations (Charmois, Vand'Est...). Les banlieues à barres HLM de Nancy m'intéressent vachement, mais Jarville, je sèche. Le hasard fait aussi que je n'y connais personne, et que j'y viens donc rarement, contrairement à pas mal d'autres coins.

J'peux juste dire qu'il y a la Californie (lieu d'aviation aux beaux jours de cette dernière, Marie Marvingt y décolla, et pas qu'une fois) et la Malgrange, qui sont deux quartiers différents. Un jeune de la Malgrange dont je me suis occupé à une époque me l'a bien expliqué en long, en large et en travers.

J'peux aussi dire que malgré tout, depuis assez môme, en tous cas depuis qu'il est là, cet immeuble me fascine absolument. Au même titre que le bâtiment de neuro-chirurgie de l'hôpital central, au sommet duquel l'hélicoptère se pose, en pleine ville, dans un vacarme génial, et la CRAM rue de Metz, il a toutes les caractéristiques de la base spatiale trop bien comme j'imaginais ça quand j'étais minot.

Rien que pour lui, j'aime Jarville.

Black Rider - hommage bonus inutile


C'est super con de rendre hommage à un vélo. Mais celui-ci me porte depuis 1994. Alors quand même, vu qu'il m'a emmené -je l'aide en pédalant- sur pas mal des sites que je montre ici... ça le valait!



Allez, on s'finit en vélo...


Une fois Neuves-Maisons et son apogée sidérurgique, c'est le retour, par le même chemin de halage, le long de l'eau. L'occasion de quelques clichés sur le canal de jonction et la cartonnerie désaffectée de Laneuveville-Devant-Nancy (semblerait qu'il y a un projet de réhabilitation?). Quarante-six doux kilomètres dans les pattes. Ça passe comme un charme. Et mon vélo Black Rider termine sa première "grosse sortie" depuis sa remise en état. Je suis heureux de le retrouver.






dimanche 16 août 2009

Vélo & industrie


Je suis toujours à vélo. En arrivant à Neuves-Maisons, par le canal, on ne peut éviter de tomber sur la tréfilerie puis l'aciérie électrique.


C'est un coin qui me plaît. J'ai un très bon camarade qui a grandit à l'ombre des hauts-fourneaux, puis de l'aciérie électrique quand ils furent démolis. Quand je l'ai connu, il vivait toujours là. Et le bruit du parc à ferrailles, familier.

Il m'a fait voir des tas de coins de son enfance ici, et m'a raconté un peu tous les changements et destructions qui accompagnèrent le cassage de gueule de l'activité minière et sidérurgique dans cette petite ville si proche de Nancy. Parce que, en grandissant ici, tu a été marqué par les fêtes au bord de la Moselle encore sauvage, avec ses tas d'anses propices à la vie au bord de l'eau, et puis aussi par les pentes du plateau de Pont-Saint-Vincent, la forêt, l'aérodrome et le fort Pelissier, en haut. Mais tu as forcément aussi été abreuvé de sidérurgie, d'industrie lourde, de mines, de flammes, de fumée. Dur de passer à côté.

Et si je suis attiré de manière un peu obsessionnelle par le monde et les paysages industriels, en friche ou en activité, c'est en partie au temps passé depuis dix ans à Neuves-Maisons que je le dois.





Y'a des tonnes de tonnes d'imagination qui cavalent dans ma tête devant une usine qui déploie sa brutalité. Les questions sur le dedans de cette coque immense. Le vocabulaire patronal parlait parfois de certaines usines comme de navires, et le nom de capitaine d'industrie n'existe pas par hasard. Si la glorification de l'entreprise industrielle traditionnelle avec son paternalisme écrasant, dans le meilleur des cas me déplaît pour des raisons qui n'interviennent pas ici, je comprends par contre au premier chef comment un tel vocabulaire peut avoir une valeur symbolique effective. L'usine est un monde fermé, qui vit sur lui-même, avec ses codes, ses hiérarchies officielles ou cachées, ses tensions, ses dangers, aussi. Ses fatalités, ou vues comme telles. C'est un univers complet et cohérent.



Neuves-Maisons, ici, il ne reste plus grand chose. Toutes les mines sont fermées depuis belle lurette, et la SAM, l'aciérie qui reste là, flotte au gré des courants comme elle peut. Le Central, bistrot où je prenais il y a quelques petites années encore mon café, à sept heures, quand mon bus me débarquait à Neuves-Maisons, avant d'aller au boulot, a été rasé. On y entendait encore les échos de la vie ouvrière. Mais ce n'étaient que des échos. Leur pâleur était agonie.



J'en viens parfois à me dire que parmi les facteurs qui m'attirent vers ces ambiances, il y a cette idée de disparition programmée, de hargne, de rage de poursuivre, que certains, on les a vus ces derniers mois, ont de poursuivre.



C'était hier le meeting des mineurs
Rassemblement de tous ces braves gens
Ils sont venus de toute la Lorraine

Pour protester contre les licenciements

[...]
Oui notre lutte a été un succès
Au fond au jour poursuivons le combat

Unissons-nous comme au fond de la mine

Alors ainsi, nous retournerons mineurs




Les mineurs en grève de Trieux chantaient ça, en 1963. Ça sonne bizarre, aujourd'hui, comme à travers un drap épais, l'écho est assourdissant, envahissant, mais on ne comprend pas les paroles. Pourtant, qu'est-ce qu'elle en a bouffé, des vies, la mine, l'usine. Au propre comme au figuré. Qu'est-ce qu'elle a véhiculé d'asservissements et d'illusions. Qu'est-ce qu'elle a bousillé notre terre. Parfois pour un bon bout de temps. Marrant, une pensée pour Gabin, aussi bien dans Le jour se lève que dans Les Grandes familles... un monde qui passe...



samedi 15 août 2009

Bonus - Popow...


Je ne sais pas qui a fait ce tag. Au Faubourg des III Maisons. Sur un mur de banque (de toute façon, un mur de banque, c'est fait pour être tagué. Ça lui donnera au moins une utilité). Par contre, c'est un hommage involontaire à une chouette habitante du quartier, j'ai nommé la "Popow"... ;)



Merci pour elle!

Vélo, énergie humaine, entraînement. Déplacement.


On arrive donc à Messein. Dernière écluse avant la jonction avec le canal de l'Est. L0, un panneau des VNF explique le pompage, et sur la gauche de la photo ci-dessous, mais pas dans le champ (d'où l'intérêt, la maison abandonnée qui avait été le sujet du tout premier billet de ce blog).

Partant du plan d'eau faisant jonction, un canal assez sauvage dont je ne connais pas le destin est envahit par la végétation.

Et en avant, on longe à présent, par la magie de la jonction, le canal de l'Est, qui double ici la Moselle avant qu'elle ne devienne elle-même canal à grand gabarit bien en aval, à Sexey-aux-Forges. Pour arriver au pied de Messein, sous le plateau de Ludres. C'était un coin où je n'étais jamais venu. Enfin, si, quand j'étais tout petit avec l'école faire de la planche à voile et de l'optimist aux étangs de Messein. Parce que Messein, en bordure d'une Moselle encore capricieuse, c'est tout un tas d'étangs relativement développés, et donc une base nautique conséquente.

Le petit village (on voit bien la différence de réglage entre les deux appareils utilisés) a son centre comme accroché à la verdure, et on quitte le canal de l'Est à son pied, en traversant des jardins sympathiques, pour rejoindre les étangs. L'église ne paraît pas trop jolie vue d'en bas, mais ce n'est qu'une impression que je ne vérifierai pas. Si son clocher donne une vague texture de béton compact, j'aime malgré tout assez bien sa façon modeste d'émerger, écrasée par le plateau. Tiens, on se fait un peu de Michel et Benoît? Allez, ça va être vite vu: il pourrait s'agir, mais sans certitude, d'une origine germanique. Le nom d'une personne, en l'occurrence Mizo, devenu plus tard Messin ou Mizzi. Voilà.



Demain, on va dire qu'on en avait marre de la bucolique inclination de ces derniers billets pour s'intéresser au but de la balade, la tréfilerie, le parc à ferrailles et l'aciérie de Neuves-Maisons...

vendredi 14 août 2009

Bonus - humour lorrain




Le vélo, transport, moyen, tout ça -2-



Bon. Hier, j'étais sur une passerelle au-dessus de la Meurthe, comme on l'a vu. On regardait l'amont. Une petite demi-rotation du torse plus tard, me voici observant l'aval. Vers Nancy.


A tel point vers Nancy que dans le fond, par delà les prés, on voit les immeubles de banlieue de Jarville -le tout blanc au milieu me fascine depuis des années- et dans le fond, les barres du Haut-du-Lièvre. Sur la droite, on distingue les hauts bâtiments du centre-ville, Joffre et Thiers (ce dernier m'écorche toujours un peu les doigts à taper sur le clavier). On ne voit pas vraiment Nancy même, la ville étant ici à peine sous el niveau de l'observateur. On ne voit que les bâtiments élevés. Nancy a le très gros avantage de ne pas être hérissée de trop de tours d'affaires prétentieuses qui te bousillent une ambiance (mais en créent une autre, au demeurant).

Cette passerelle, elle a un goût de liberté. On s'y engouffre en tournant le dos à Laneuveville, ultime banlieue de Nancy, pour déboucher en face brutalement dans des prés, sous la chartreuse de Bosserville. la charge symbolique est forte, depuis mon adolescence, c'est un des endroits qui me donnent cet heureux sentiments de pouvoir changer de monde en traversant une modeste rivière. C'est chouette. Mais je ne traverserai pas la passerelle cette fois-ci, et me tournant à nouveau vers Laneuveville, je rejoins l'écluse qui ouvre le canal de jonction entre le canal de la Marne-au-Rhin qui traverse Nancy et le canal de l'Est, qu'il rejoint à Messein. Je vais suivre le chemin de halage. J'aime plutôt bien ce canal de jonction. Il est discret, vert et modeste. Un peu vieillot. Les berges se délitent par endroits. C'est joli.


Y'a du vert en diable partout, toutes les nuances. Ça pète de chlorophylle dans tous les sens dis-donc. Ça a des petits airs du Midi, en plus dense.

Avec des couleurs chouettes. les contrastes discrets, tout en nuances...



Des poissons, en groupes étranges. Tout petits. Avec des moustaches. En poissons je suis une tanche (ah ah). Que sont-ils? Qui saurait me le dire? [Merci Fremalo, ce sont donc de petits poissons chats]



On flâne ainsi entre deux bassins, celui de la Meurthe, et une fois passé Fléville et Ludres, le versant Moselle. Les écluses se sont succédées, de plus en plus rapprochées à mesure qu'on gravit la pente et qu'on approche la ligne de séparation des eaux. Puis, c'est la descente par écluses interposées vers Messein. Là, les berges du canal de jonction se sont effondrées l'année dernière, m'empêchant d'ailleurs de suivre la halage et de faire la jonction prétendue. Aujourd'hui réouvert, le parcours devient étrange au lieu de cet effondrement.



Je ne sais pas si la masse de terre qui obstrue presque le canal est toute entière due à l'effondrement de l'année dernière. Certes, la végétation repousse vite, mais elle me paraissait tout de même solidement implantée. Un effondrement récent sur un effondrement ancien? Peut-être... en tous cas, la masse obstruante reste assez impressionante.

Demain, je vous montre qu'après on arrive à Messein, et que ce n'est aps encore Neuves-Maisons.

Bonus - Nancy classique


Non, non, pas classique comme la cathédrale. Classique comme c'est le premier truc que tu vois en sortant de la gare.


(Place Thiers, 30 août 2008)

Le vélo, c'est un moyen de transport...


Hier, enfourchage de vélo, et dévalage de canal en suivant l'ancien halage. Depuis Nancy. Traversée de Nancy, puis de Jarville, jusqu'à arriver à cette passerelle mitoyenne du canal, à Laneuveville-Devant-Nancy. C'est assez rapide à faire. Cette passerelle bondit lourdement au-dessus de ma Meurthe et donne sur les vastes prés bordant la rivière encore relativement sauvage. D'ailleurs, le lieu se nomme "Le Grand Pré". Etonnant, non? Enfin, cette passerelle qui fait chclong dong quand tu passes sur les plaques assemblées avec des gros points de soudure.

Temps admirable, vue vers l'amont à droite de la passerelle ci-dessus... sur la gauche de la photo ci-dessous, un tas étrange et informe.

Un tas étrange et informe? Ah ah, j't'en foutrais, moi. Que nenni. Ce n'est pas un tas informe, c'est la Chartreuse de Bosserville, qui entre nous se défend bien, s'il-te-plaît. Z'avez remarqué, tiens? elle est sévèrement classique la chartreuse, hein. Attention, il y a quand même du baroque sournoisement planqué dedans. Il se dit ici et là que c'est un modèle de rigueur, et un archétype de chartreuse. Je le crois aussi. Puisque c'est manifeste.

Elle se trouve sur la commune d'Art-sur-Meurthe et a été construite au XVIIème siècle, comme quoi, pendant ce siècle, on n'a pas que rasé la Lorraine et ses voisins entre Européens heureux d'être en guerre. Non. Les chartreux de Laxou, près de Nancy étaient des Mosellans. Après quelques démêlées avec le duc Charles IV (le rigolo), ils se retirèrent à Bosserville, écart d'Art-sur-Meurthe. Faut croire qu'ils avaient emmené leurs pépètes avec eux, ou qu'ils avaient de bon amis. Parce que l'architecte Giovanni Betto, il n'a pas plaisanté. Dans son genre. On notera que c'est le premier architecte de la cathédrale de Nancy. Comme quoi, il n'a pas pas fait que des "gros tas de merde XVIIIème" (j'avais envie de remettre une couche, c'est gratuit, ça me fait plaisir et ça me fait rire. Même ma mère est d'accord. C'est pour dire!).

Moi , en tous cas, cette chartreuse, je l'aime beaucoup. Pour la construction, on a fort à propos réutilisé beaucoup de pierre issue du démantèlement des imposantes fortifications de Nancy. Elle a connu les nationalisations des années 1790, plutôt logique, puis fut rachetée en 1846, et transformée en établissement scolaire: toujours aujourd'hui, c'est le lycée technique Saint-Michel qui occupe les murs (c'est aut' chose qu'ARTEM, hein?) et si vous voulez voir les intérieurs, attendez les journées portes ouvertes du lycée, ou la journée du patrimoine.


Peut-être même que l'on vous donnera des renseignements plus frais que les miens? Car les miens sont, je l'avoue, difficiles à vérifier, puisque seul internet m'a guidé... donc, pincettes sur tout ce qui a été écrit au-dessus! Le seul truc sûr, c'est que ça vaut le détour, et le cas échéant, le coup d'œil.

Enfin, cette vue sur la Chartreuse de sa rive opposée, ne doit pas nous les faire oublier, ces rives. La jolie Meurthe qui est encore épargnée par le presse-purée de la canalisation et de la mise hors inondations dans Nancy! (à ce propos, voir la vidéo de Gérard, sur son blog -faut descendre un peu, c'est pas en haut de page- tout neuf et bourré de photos de Nancy et alentours dans les années 50 et 60, par ses soins).

La suite de la sortie vélo demain, qui nous mènera jusque Neuves-Maisons (demain... demain le billet, hein, en vrai c'était tout aujourd'hui). Sauf si je change d'avis. Et c'est pas impossible.


mercredi 12 août 2009

Lunéville - Bonus


A Lunéville, on aime bien en faire un peu trop. Aussi.



Lunéville


J'aime bien Lunéville pour ses vieilles devantures. Et pour sa vie ralentie et lézardant sous le soleil d'été.






mardi 11 août 2009

Rogéville


Hrodgari. Une personne d'origine germanique. Et Villa. Au sens gallo-romain. Rogéville. D'après Michel et Benoît, encore. Avant (eh ouais mais quand ça, avant?), d'après Jean Loctin, qui cite Lavisse mais ne donne pas ses sources, on appelait le village Rougéville à cause de l'exploitation du minerai de fer rougissant la terre, au profit des forges du Gréné. Mouais. Bon. Avec la source ç'aurait été bien. Après, dois-je croire à une coïncidence qui dirait que la forme germanique s'est trouvé heureusement proche de la couleur d'une exploitation postérieure de minerai, permettant une déformation du nom, le hasard minier faisant bien les choses? Ça me fait un peu mal aux cheveux, mais pourquoi pas. Même si j'ai quand même tendance à privilégier Michel et Benoît, vu que c'est un peu plus leur métier... Si quelqu'un de par là me lit et sait des choses, hein... A la décharge de Jean Loctin, élu local, dont le canton, celui de Domèvre-en-Haye, contient Rogéville, je tire son info de son petit ouvrage très synthétique et plutôt pratique sur la Meurthe-et-Moselle, publié en 1986, et qui n'avait aucune prétention "savante".

Ça nous donne Rogéville, quoi. Pas mal, hein? Rogéville. C'est quoi d'ça, Rogéville?

Rogéville, c'est un village, sur la route de Toul à Pont-à-Mousson, et inversement selon d'où tu regardes. C'est un village calme, même, je vais te dire, et pas bien gros. En plein Parc naturel d'ici. Il est planté là, au bout de champs ondulés desquels on voit dans le lointain selon un angle inhabituel et très heroic-fantasy (j'me comprends) Toul et ses collines pour lesquelles j'ai un respect qui si je vieillis mal tournera au mysticisme. Des histoires sur Rogéville? Bah tu sais, y'a 120 habitants et pousstofs, alors Rogéville, c'est calme, hein. Je peux te dire qu'en 2004 y'avait 1,8% de divorcés sur la commune. Calmé hein? Non? Bon. A la limite, la seule histoire que je peux raconter sur Rogéville, c'est comment qu'c'est chouette un petit village comme ça, dans la "Petite Suisse Lorraine", comment qu'c'est joli au-dessus des bois qui plongent en glissant le long des pentes bombées vers le ruisseau d'Esch (écrit aussi parfois Esche) qui dévale de là-bas, de la sombre forêt de la Reine, sur 46 bornes (d'après Wikipedia, mais 35 selon Jean Loctin...) avant d'aller crever au niveau de l'île d'Esch à Blénod-lès-Pont-à-Mousson. Crever, parce que canalisé sans ménagement, et bien amoché, alors qu'à Rogéville, il est encore tellement bucolique que je suppose que légalement, c'est même pas autorisé de l'être à ce point.

Non, Rogéville, c'est un village que tu croiseras sûrement en allant te promener à pinces dans le coin, et y'a des chances que tu fasses un pause sur la place de l'église sévère du XVIIIe, envahie de chats, pour boire un peu d'eau à cause que marcher ça donne chaud à la déshydratation. Tu t'assoiras sous l'abri-bus s'il pleut, ou alors tu resteras avantageusement sous la pluie, à humer l'odeur des villages sous la chaouée d'été. Tu verras non loin cette maison marquée "Frazy Horse Saloon", tu te demanderas, et tu oublieras, parce que faudra prendre la clef des champs au bout du village par une rue pleine de gamins, troublant soudain le désert villageois, et finalement marcher au milieu des cultures sur un chemin (ou en piétinant le colza de ma part, me demande pas pourquoi, je hais le colza, c'est génétique) duquel tu regarderas vers Toul et les orages dantesques galopant dans la boucle de la Moselle. Et si t'es croyant tu prieras pour qu'ils ne viennent pas sur toi, et si t'es pas croyant, bah tu prieras pas, et ça reviendra un peu au même. Dans tous les cas, tu admireras le spectacle avec un ébahissement mêlé de crainte. Et tu vas voir, ce sera chouette.

En rentrant chez toi, emporté par ton élan, tu liras Sand et Genevoix, et tu trouveras ça toujours aussi chiant, surtout Genevoix (que je respecte au demeurant avec pas mal de densité, pour plein de raisons, et surtout celles de 14...), et toujours aussi niais (surtout Sand, dont j'aime au demeurant énormément "La Mare au Diable"). J'ai essayé. Ça marche à tous les coups.

Faut pas hésiter à dire du mal de ce qu'on aime. C'est un exercice important.

lundi 10 août 2009

Sur le chemin, une invitation




(Nancy, un sentier)

dimanche 9 août 2009

Dieulouard - c'bien


Dieulouard, c'est aussi un village qui se trouve à proximité immédiate de Scarpone, et Scarpone, c'était une agglomération antique qui eut sa bonne petite importance, et fut détruite au Xe siècle d'après Claude Michel et Michèle Benoît. L'article sous Wikipedia fait remonter ceci au Ve siècle et y mêle Attila, genre la grande classe, pour une destruction. Mmmmh. Je suis plus poussé à me ranger derrière les deux auteurs cités.


Le château a donné son nom à l'actuel Dieulouard. Si l'on en croit le bonhomme et heureusement barbu Claude Michel, flanqué de Michèle Benoît, Castellum Deilauwart est à l'origine venu du vœu de son constructeur: Deu lo wart!... [que] Dieu le garde...

Sur la voie de Trêves à Lyon, tout le monde a sévèrement lorgné dessus dans la région, ajoutent les deux auteurs. Le premier document l'attestant, semble dater de 1028. Sa construction fut commandée par un évêque de Metz, et il fut lié au temporel de l'évêché de Metz et de Verdun. Les vicissitudes firent loi, et le château fut assiégé, pris, repris, détruit, reconstruit par les Messins, par les Huguenots, par les Bourguignons, par les Lorrains... globalement, il restera terre de l'évêché de Verdun, enclavée -et gênante- en plein dans les terres du duché de Lorraine, sur une route commerciale importante, tant sur terre que sur la Moselle. Il sera démantelé pendant la Guerre de Trente Ans comme beaucoup d'autres forteresses en Belgique et en Allemagne (je cite Louis XIII, d'après la rumeur: "Il commencent à sévèrement me les briser ces connards de teigneux de Lorrains à la con avec leurs forteresses de merde à tous les coins de villages!").

Et puis à la Révolution eud'1789 mais en 91 en fait, Dieulouard, dont le nom est quand même super tendancieux, sera rebaptisée de manière passagère selon son nom antique, Scarpone.

Sinon, en haut, là, derrière le château, y'a le Musée des Amis du Vieux Pays de Dieulouard. Faites le détour, si vous passez dans le village... Antiquité, Scarpone et guerres mondiales au programme.

Petite source pour la toponymie: Michèle Benoît et Claude Michel, "La Lorraine et ses noms de lieux - La Meurthe-et-Moselle". Aux Editions Serpenoise, petit bouquin austère bien qu'orange, laconique et essentiel. Faut avouer que la toponymie, c'est souvent assez laconique (comme un article de la Pravda, hé!). Pis Claude Michel, j'ai fréquenté ses lumières quand j'étais étudiant, et ça éclairait fort, et très humblement, en plus. Alors hein, les yeux fermés.

Dieulouard - église


Dieulouard. Vu le nom, il fallait bien que je fasse une halte à l'église.

Dieulouard, c'est un gros village qui a pour avantage d'être planté au-dessus de la Moselle, avec le chevet de l'église qui domine, il a aussi l'avantage d'être une des entrées de la merveilleuse "Petite Suisse Lorraine", l'avantage d'un château certes ruiné, mais dont les remparts sont réutilisés et réintégrés à des constructions postérieures. Et ça c'est toujours intéressant. L'avantage aussi d'un patrimoine globalement intéressant, y compris industriel, qu'il s'agisse de "l'usine rouillée" comme je l'appelle depuis tout petit, qui traite du minerais, ou de son tout p'tit mignon site Seveso... et ne parlons pas de l'aspect historique dit contemporain, parce qu'il y en a, des choses à raconter sur Dieulouard pendant la Première guerre mondiale, et les pièces d'artillerie françaises à longue portée, montées sur rail, le repli des usines Pont-à-Mousson... par exemple.



samedi 8 août 2009

Nancy urbaine


Des motifs souvent vus, comme la VEBE qui traverse la Meurthe entre les immeubles du Jéricho...

La maison abandonnée à côté de la passerelle des Grands Moulins...

Et les vieux (et beaux) entrepôts Nordon avenue du XXe Corps, qui me travaillent depuis mes quatorze ans, quand, à l'époque, j'étais venu habiter non loin de ce quartier (ça changeait de Villers-lès-Nancy: j'aimais les deux, tout de même)




jeudi 6 août 2009

Grand - le village


Moins à la mode que les fêtes médiévales, les fêtes antiques, à la mode quand même. Grand, dans les Vosges de l'ouest de par là-bas, les Liffol et autres coins doucement et joliment vallonnés, c'est un site fort étonnant. D'abord, un amphithéâtre d'une taille respectable (qui est au final l'un des dix plus grands du monde gallo-romain), des tas de vestiges un peu partout, dont la plupart toujours endormis, et surtout, la mosaïque plus qu'admirable qui se trouve dans le village (l'amphithéâtre est légèrement à l'écart), ancien sol de la basilique, au sens romain du terme. Bref, un ensemble magnifique, trace très vivante de l'agglomération qui existait à l'emplacement de Grand, et qui s'était constituée autour d'un important sanctuaire d'Apollon. Il semble, entre la ville devinée et toujours ensevelie sous la campagne de Nasium, à proximité, et la découverte récente à Rosières-aux-Salines, que la géographie humaine et commerciale antique de l'Est de la France actuelle, et probablement de la Wallonie et de la Sarre, sera à revoir, ce qui est très stimulant, grâce aux découvertes majeures de ces dix dernières années. Si du moins un jour des crédits de recherche sont alloués, dans ce monde où on renfloue les banques pour les remercier de leur irresponsabilité, tout en refermant les sites de fouilles pour des raisons de budget. En passant, lors de la fête organisée par l'association Andesina, j'ai eu l'occasion d'écouter Corinne Duchêne à la mosaïque, conteuse talentueuse et captivante malgré, j'imagine, les conditions un peu complexes, et qui mérite toute l'attention.

T'as vu comment un changement de balance des blancs te change une ambiance aussi? Quand je dis à qui veut l'entendre que la photo c'est un truc de menteur et de voleur...

Le village en lui-même vaut aussi le détour. C'est du joli joli à chaque coin de rue. Et quelques statues prétendant que Dieu protège la France (à nuancer, hein. Moi par exemple, s'il pouvait m'oublier...), à l'effigie de Jeanne d'Arc, dont on est dans le pays supposé natal.

Bref, pendant ou hors fête organisée, les sites monumentaux de Grand, comme le village actuel, méritent un détour. D'autant que la campagne est bien sympathique aux environs, nuancée et douce, courbes délicates, couleurs éclatantes. Allez-y!

mercredi 5 août 2009

Rosières-aux-Salines - back to the future?


On se remet une lampée de Rosières-aux-Salines?









mardi 4 août 2009

Plateau de Malzéville


Encore une fois, depuis tout gosse...



J'aime à y cavaler, juste au-dessus de Nancy.

lundi 3 août 2009

Rosières-aux-Salines


Détour par le village pas objectif. Pourquoi? Parce que bien que plus personne de ma meute n'y vive, plusieurs générations de mes ancêtres, morts ou partis de Rosières avant ma naissance, y ont pourtant vécu. Un paquet sont enterrés là-bas. Même ceux qui n'y sont pas nés. Caveau de famille. Même peut-être moi, un jour. La dernière fois que le clan s'est retrouvé pour la mort d'un des siens, ce clan qui est dispersé aux quatres vents, mais répond toujours présent, soudé et solide dans le besoin, c'était en septembre 2008. Hommage à ma chouette grand-mère, qui ronfle sûrement toujours, comme elle le faisait si bien, si fort, souriante, apaisée, sous la terre. A Rosières.




C'était chez elle, quand qu'elle était p'tiotte, ce village. Hé ouais. Du coup, y'a toujours une drôle d'ambiance qui trotte dans mon crâne quand je marche dans les rues de Rosières. Comme des fantômes bienveillants qui se trimballeraient. Voilà.

Sans compter que c'est un bled au patrimoine énorme. Vraiment énorme. Exemple aujourd'hui encore, d'ailleurs révélateur de carences budgétaires et légales grave dans le traitement de l'archéologie par le ministère afférent, dans le Républicain Lorrain. En espérant que le gâchis terrible n'aura pas lieu.

dimanche 2 août 2009

Nancy Ville Neuve


Y'a du charme... dans les rues discrètes, écrasées de soleil en été, immobiles, solitaires, entre la rue Saint-Nicolas, la cathédrale, et la rue Charles III... un genre de carré bien agréable, heureusement exempt des ruses commerciales et touristiques du secteur Stanislas, mais non point des beautés de Nancy...






samedi 1 août 2009

Ça va cogner...


En complément au billet précédent, Châtel-sur-Moselle, battons-nous!!!!



La fête médiévale, c'est un peu à la mode, et ça donne pas toujours lieu à des bonnes grosses mandales bien franches. Hommage à certains copains de la compagnie de reconstitution médiévale des Alérions qui pour le coup se foutent de véritables belles roustes dans la tronche, allant jusqu'à nous priver de batteur pour cause de doigts cassés... Tout pour le (thrash?) spectacle!

Châtel-sur-Moselle


Détour par les Vosges "saintoises". Je m'autorise ce néotoponymisme. Ce qui nous donne un néologisme acrobatique, au final.

Châtel-sur-Moselle est un bled qui m'a fasciné très tôt. Parce que quand on visite ce bled, on réalise soudain que ça n'a pas toujours été un bled. Loin de là. Oh, très loin. Et, dans mes souvenirs, de s'ouvrir un pan d'incroyable histoire locale avec le château des comtes de Vaudémont, famille qui indirectement nous pondra d'ailleurs un duc pas piqué des hannetons, j'ai nommé Charles IV**, sur la vie duquel un film mériterait d'être tourné, tant c'est romanesque, et un peu mesquin aussi. J'en oublie les seigneurs de Neuchâtel, dis-donc, qui ont aussi tenu cette forteresse... bref, dès mes premiers boutons d'acné et ma première visite des lieux, je suis resté sur le cul.

La gageure, c'est que dans ce billet, il n'y a aucune image du château. De la forteresse, pour être plus exact. Louis XIII le pragmatique, au demeurant, chatouilleux sur cette (entre autres) forteresse menaçant de sa puissance encore notoire au XVIIe siècle ses actions militaires diverses et variées dans une Guerre de Trente Ans assez peu primesautière en Lorraine et dans le Palatinat, s'est bien cogné dessus à plusieurs reprises. Son illustre descendant Louis n°14, autrement connu sous le nom un peu plus officiel de Louis XIV*, ce qui revient au même, en ordonnera le démantèlement. Mais la forteresse était construite sur une falaise naturelle au-dessus de La Moselle. C'est ainsi, malgré les bâtiments de surface arasés, que l'Association des Amis du Vieux Châtel a un jour décidé de sauvegarder ce qui pouvait l'être, et de dégager ce qui dormait sous terre.

Quand on voit ce qui reste aujourd'hui, qui est monumental et dont la visite s'impose absolument pour tout Lorrain, mais aussi pour toute personne de passage, on ne peut que rester béat face à la reconstitution en maquette de l'élévation ancienne des lieux, et à l'incroyable forteresse qui se tenait là. Un Haut-Koenigsbourg en puissance, certes moins "nid d'aigle", mais tout aussi impressionnant. D'autant plus touchant, l'endroit, qu'il est invisible avant d'avoir le nez dessus, victime des nécessités destructrices et néanmoins logiquement géopolitiques du Grand Siècle. Petit musée poussiéreux en deux pièces désuettes, du genre qui me plaît spontanément. Puis, on suit le/la guide, on descend au sous-sol du bâtiment déjà ancien dans lequel se trouve le musée (il sent fort le XVIIIe? corrigez-moi si vous savez...), et on débouche immédiatement dans les galeries qui composent les organes défensifs de la forteresse face à la Moselle... ça a des airs de l'incroyable, lui aussi, château de Brézé, et il y en a pour un moment, à découvrir les belles saloperies que les défenseurs pouvaient réserver aux assaillants. Bref, les lieux allient sérieux de la présentation et du travail historien en amont et visite spectaculaire, avec un guide. Parce que les vieilles pierres promeuvent trop souvent la "visite libre", qui prive du chaud contact humain. A ma connaissance -cela a-t-il changé?-, ici, y'a quelqu'un qui vous guide, et même si c'est quelqu'un d'embauché pour l'été et qui fait ce qu'il/elle peut, allez-y!!! Ça vaut toujours mieux qu'un panneau mort..

Et pour finir, promenez-vous dans le gros village: des tas de jolies choses cachées dans tous les coins (à l'instar de Toul...), mais qui se méritent: il faut chercher un peu...

Alors, les Amis du Vieux Châtel... (bis pour si t'avais pas compris)

Et tant que t'y es, tu feras une visite avantageuse dans les parages proches à la Verrerie de Portieux...

*Dis-donc, j'ai relu dernièrement le "Louis XIV et Vingt Millions de Français" de Pierre Goubert... ça date déjà, mais ça reste frais et brillant, ça prend pas une ride. Lis-le, toi!

**Avantageuse biographie qui vaut ce qu'elle vaut, mais se lit avec bonheur au moins jusqu'aux deux tiers -après c'est un peu fastidieux, n'est pas Goubert qui veut...-, par Charles J.-A. Leestmans. Mais elle a au moins, comme disait Alain Litaize Le Grand (hi hi) à propos de bien des choses, le mérite d'exister. J'en suis heureux..

Allez, je ne résiste pas à vous faire part de ce bon vieux Jacques Dufilho (c'est pas neuf!) qui nous fait visiter le château:



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