Il y a de ces coins comme ça, en Lorraine. Des endroits touchés par un genre de grâce inexplicable. Si t'y crois, tu pourras en partie l'expliquer. Moi, personnellement, je ne l'explique pas du tout, parce que j'y crois pas du tout, au grand monsieur barbu. Mais j'en profite bien quand même. Alors pour une fois, je ne crache pas dans sa soupe... Nous voici au prieuré de Blanzey, au nord-est de Nancy, toujours à mi-pente au-dessus de la vallée de l'Amezule, sur la commune de Bouxières-aux-Chênes. Il est posé là, juste sous la forêt, au milieu des champs, cerné de quelques reliquats de haies. Avant, sûrement, des vergers. Le prieuré prend place au milieu d'un grand quadrilatère formé de plusieurs fermes et bâtiments jointifs, on y entre par deux passages couverts sur lesquels on voit encore les traces des grilles ou des portes. Le tout donne un air modestement fortifié, rural, qui nous renvoie très loin en arrière. On se voit arriver là, au cœur du sinistre XVIIe siècle*, fatigué d'une longue journée de route, effrayé, à la nuit, réclamant l'asile et conscient qu'en bas, dans la vallée, des mercenaires sans chefs ou des troupes débandées rôdent souvent. On voit les faibles lumières de la cour, discrètes, le plus possible. On entend piaffer un cheval. On demande des nouvelles sur le dernier raid dans la région des troupes ducales parties, paraît-il, de Sierck. On en a entendu parler à l'auberge de Malzéville... La lourde porte claque dans notre dos. Une nuit de gagnée.
Dans le prieuré, la chapelle. Avec sa façade classique, sa simplicité, ses ouvertures gothiques qui flamboient, son chevet roman, son clocher itou et éminemment rural, et sa crypte dite "église basse". Alors? Comment fabrique-t-on un prieuré de Blanzey? Éléments de réponse:
Eh bien... non. Je dépiautais divers documents, et en particulier les billets forts instructifs de m'sieur Bernard Jouaux (qui élargissent les informations données par les panneaux de l'Association pour la défense du village de Bouxières-aux-Chênes, de son environnement et de ses richesses naturelles). Et les billets de m'sieur Jouaux, en l'absence d'autres sources les complétant, les recoupant ou les infirmant, se suffisent à eux-mêmes: je ne ferais rien d'autre qu'une vaine paraphrase, au mieux un résumé réducteur. Alors pour une histoire détaillée du site, je vous encourage vivement à aller voir son travail chez lui. Et surtout à cliquer sur suivant en bas de la page. Parce que sinon, vous allez en rater, des choses. Lisez bien jusqu'au bout, d'autant que ce monsieur à le grand avantage de bien citer ses sources. Notez enfin que je vous envoie sur la deuxième page de la partie du site consacrée au prieuré, la première contenant un écrit qui n'est pas dans l'aspect strictement historique. Je vous le signale tout de même, afin de ne point tronquer une partie de son travail.





*En pleine Guerre de Trente Ans, funeste par ici, qui a fait un mal de chien à La Lorraine et au Palatinat, ravagés par les troupes françaises, ducales, impériales et leurs alliés respectifs... funeste aussi dans bien d'autres régions d'Europe, ne l'oublions pas... une sorte de pré-Première Guerre Mondiale, en un sens -un peu tiré par les cheveux, mais pas uniquement-!
(photos du 15 avril 2010)
5 commentaires:
Attendrissant le voeu au sujet du hamster nommé Chantilly ...
Moi aussi, j'ai trouvé. Ça allait bien avec les lieux.
Tu me donnes envie de découvrir cet endroit que je ne connais pas !
Bravo pour la retranscription de l'ambiance guerre de trente ans ! (ou quèqu' chose du genre). Le monsieur barbu t'inspire.
Un petit détour en fin d'après midi, c'est vrai que ça vaut le coup. Bel endroit que je ne connaissais pas du tout !
(La Meurthe est un peu une frontière que je ne franchis pas très souvent.)
...
En tout cas, merci pour le tuyau !
Enregistrer un commentaire