samedi 31 janvier 2009
vendredi 30 janvier 2009
jeudi 29 janvier 2009
La Vieille Ville en hauteur
Parfois, un coup de bol, auquel il faut ajouter des concours de circonstances, plus un peu de flair, permettent d'avoir un nouveau point de vue sur Nancy, la Vieille ville, l'église Saint-Epvre et deux trois clochers ducaux...
Sinon, faut vraiment que je vous parle d'un truc, mais c'est pas encore pour aujourd'hui (j'ai un plan Jim, si, si).
mercredi 28 janvier 2009
samedi 24 janvier 2009
Vues subjectives
Quelques vues prises dans Maxéville, dont deux avec en fond, de l'autre côté de la Meurthe, l'église de Malzéville. Voyage dans les banlieues que tout le monde confond.
vendredi 23 janvier 2009
Maxéville, sur la rampe
J'ai un peu hésité à mettre cette photo, puis bon, en fait, comme beaucoup d'autres, elle n'a rien de spécial, mais montre juste un endroit qui me plaît.
J'aime bien me tenir là, tout simplement, à deux pas du Faubourg, on y voit plein de choses. Pixerécourt en face et Malzéville sous le plateau, au pied duquel les Grands Moulins trônent. La tâche sombre de la Pépinière, les églises, la cathédrale, les modestes buildings du centre-ville, les quartiers tapis devant le centre, le Clos de Médreville, un peu de Boudonville, la voie ferrée, le canal, les pentes de la Fourasse et du Haut du Lièvre, certains quartiers proches de Malzéville, comme la cité ouvrière Solvay...
jeudi 22 janvier 2009
Waaaah, y'a une bête!
Et même, j'trouve ça chouette, les corneilles.
En signe de bienvenue...
On se retourne, du même endroit, vue sur la sortie du Faubourg et...
...le clocher de Saint-Epvre qui se détache dans le matin, juste dans l'axe de la rue du Faubourg (oui, enfin, axe est un grand mot pour cette rue sacrément pas droite, irrégulière, comme toute rue de Nancy qui se respecte).
mardi 20 janvier 2009
lundi 19 janvier 2009
dimanche 18 janvier 2009
Nancy, quartiers d'hiver
samedi 17 janvier 2009
Death Dealer
vendredi 16 janvier 2009
Vue de Tomblaine
L'une des cheminées à l'arrière du site Nordon, le sommet de la minoterie des Grands Moulins qui se dessine derrière.
Et ces profils techno-religieux de franchissement qui chavirent dans l'après-midi froid, et court...
Pour résumer...
Passage devant le Cul du Faubourg au niveau du pont levant, dans l'axe de la rue de Solignac, que je trouve marrante comme toutes ces rues du Cul, qui n'ont pourtant rien de bien spécial...
Par le grand beau vieux pont de Malzéville, on rejoint la Meurthe, rive droite via le barrage, vue terriblement belle et hivernale sur les Grands Moulins... on flirte un peu avec Malzéville...
mercredi 14 janvier 2009
Gloires locales
La tour panoramique, sur sa colline... vision quotidienne. Je l'aime sans l'aimer. C'est comme les avions. Les avions, je suis fan, ça me fait quelque chose. Mais c'est aussi de sacrées saloperies. Alors si un jour je suis chef du monde et que je dois signer une interdiction des avions à cause des nuisances et de la pollution, alors là pas de problème. La tour panoramique, sur son Haut du Lièvre, même chose. C'est une verrue sans nom, et je ne pourrais que me réjouir si elle disparaissait. Et à la fois, qu'est-ce que je l'aime, elle qui est constitutive au premier chef de mon décor quotidien...
Ah, changement de registre... l'église de Malzéville... marrant, sur c'te photo on dirait un petit bled de cambrousse, et pas l'ancien village au milieu d'une banlieue de Nancy... la photographie, c'est que du mensonge.
Le Haut du Lièvre, toujours, et le Cèdre Bleu (merde, le Tilleul Argenté? Je les inverse toujours ces immeubles...), qui chavire un peu et encore dans l'air glacial. C'est rigolo, aussi, ça, on dirait que la barre est toute petite, alors que non. Je découvre petit à petit les conséquences du 300mm...
Et le fameux quartier Jéricho, ici côté Malzéville, au bord de la Meurthe qui gèle tranquillement en amont du barrage, vers Tomblaine.
Mes gloires locales. Non pas que ce soient forcément des trucs chouettes, jolis, qui mettent la ville en valeur, mais ce sont mes trucs, et des trucs que j'aime bien voir, et montrer, et ça vaut tout le tourisme du monde.
mardi 13 janvier 2009
Le canal et le pont
dimanche 11 janvier 2009
Bonus canal
Quatre jours que le canal ne dégèle plus du tout, pas même en surface. Et la Meurthe, au pont de Saint-Max, commence à prendre sérieusement... les objets s'immobilisent...
Fais péter
Ouais, gros, fais péter le 300mm, youhou!
Des mouettes, devant chez moi, sur le canal, le 31 décembre 2008
samedi 10 janvier 2009
vendredi 9 janvier 2009
Bordel, mais c'est quoi la Lorraine?
Y'a un type, il m'a dit que ce serait pas con de mettre ce texte ici, même si certains l'ont déjà lu.
J'me suis dit que c'était pas bête, puisque finalement, oui, c'est un genre de photo de la Lorraine, mais avec des mots.
Y'a plein de trucs qu'on ne comprend entièrement que si on est Lorrain. Comme quoi, être Lorrain, ça veut dire quelque chose. Et en même temps, c'est ouvert à tous... comme quoi, être Lorrain, ça veut pas dire grand chose en même temps.
Alors aujourd'hui'hui, bah c'est lecture. On reprend les images demain!
Go.
C’est une soirée de fiançailles. En Lorraine. Tout ce qui fait que c’est en Lorraine et pas ailleurs. Tout ce qui fait que ça pourrait aussi être n’importe où ailleurs. Tout ce qui fait que c'est chouette ou pas. Tout ce qui fait qu'il est bon au milieu des grands discours de retrouver celui des gens, tout simplement. Même con. Dès fois. Pas toujours.
« _Moi j’habite à Crévic.
_Crévic ?
_Ouais, Crévic, souvent, les gens voient pas où c’est…
_Moi j’ai un bon copain qui habite Rosières-aux-Salines. Et la famille a son caveau à Rosières… je connais Crévic surtout à cause du bar-tabac qui reste ouvert tard le soir. C’est le seul à des kilomètres à la ronde.»
Pas de réponse. S* ne doit pas le fréquenter. Il vit dans le lotissement du village. Je l’apprendrai par la suite. Ceci explique cela. En plein dépit, je me tourne vers une personne connue, précédemment passive mais attentive.
« Si, le bar de Crévic, c’est un truc chelou ouvert super tard même en semaine, en pleine cambrousse comme ça, et mon pote K* y va acheter des clopes à 11 heures du soir… souvent on squatte un peu avec les mecs sans âge qui sont là et qui boivent un demi, la bouche à moitié ouverte, à moitié bavante, en silence, devant la télé…. ».
Me demandant ce que je vais dire maintenant, je me raccroche poliment aux autres conversations en cours.
Bon, grand silence, au début. Puis, dans l’assistance, A* est militaire; alors sa femme, S*, parle de sa mutation à venir. Pour le moment, ils sont à Strasbourg, après avoir été dans le sud, puis en Franche-Comté, au gré des régiments. Beaucoup rient sur une probable –et manifestement non-souhaitée- mutation dans le Nord. J'évoque la débilité consumériste des mécanismes sur lesquels joue la grosse daube (curieux que Will Smith joue pas dedans tellement c'est d'la merde) "Bienvenue chez les Ch'tis." On évoque ensuite assez vite, puisque je suis le seul à huer ce film à la table, le tout aussi sinistre –militairement parlant- Valdahon, mais S* enchaîne, vantant Besançon, arguant du fait que c’est l’endroit qu’elle a préféré après l’actuel Crévic. Devant son Jules et ses gamins, dire le contraire eut été refroidissant. Les convenances vont bien. Je renchéris un peu.
La Franche-Comté, Besançon, et la région entre cette ville et Pontarlier, me laissent de très beaux souvenirs autant dans les gambettes que dans l’imaginaire et les papilles. La vallée de la Loue, Ornans, Vuillafans, Echevannes et la mère Poulet, autant de noms amicaux… mais l’évocation tourne court. On revient sur le militaire. On évoque le funeste destin des femmes de paras de Dieuze, condamnées aux réunions lénifiantes de femmes uniformes, pendant que les gars sont en cours de trouage de peau uniforme du côté de Kaboul… S* nous affirme que son mari et elle ont justement voulu éviter cette vie en vase clos et vivent « en civils » pour ne pas être obligés de fréquenter les familles de militaires toute la journée. Elle nous raconte leur époque à Phalsbourg, quand ils vivaient dans un des pavillons réservés aux embrigadés, les surveillances interminables des femmes d’officiers sur les femmes de sous-offs ou de troufions, les relations d’angoisses partagées qui ne font qu’entretenir la faiblesse de ceux et celles qui restent quand les Jules partent au feu, à Kaboul, en Côte d’’Ivoire, à l’époque… car oui, ma bonne dame, la guerre n’a pas changé bézef depuis l’âge de pierre, globalement, elle continue de tuer et de mutiler.
Quelqu’un sort la vanne de « en tous cas t’es sûr de pas être muté à Metz ! » et ça rit. Y compris les Mosellans de la salle. Mais c’est des Mosellans de l’Est, alors Metz, ils s’en foutent un peu.
A ce propos, goûtant et n’aimant pas le foie gras au chocolat, j’interpelle D*, sympathique soûlot devant ce crétin d’éternel.
« Hey, tu te souviens au mariage de B*, les tartines grillées, avec le foie gras fondu à la poêle et les œufs de caille par dessus ? »
Bien sûr qu’il se souvient. On s’est bien gavés ce jour-là. Il m’évoque les putain de saucisses frites qu’on s’ingurgitait entre deux picons. Je réagis au quart de tour.
« Y’a pas, hein, c’est que chez les Mosellans de l’Est et les Alsaciens qu’on bouffe bien comme ça ! ».
Après… faut dire que B* est du coin de Dabo, et à chaque fois que j’ai été à un mariage, un foutu baptême, une connerie de communion ou une fête de famille par là-haut, bon dieu, qu’est-ce qu’on bouffait bien ! Et beaucoup ! Et gras ! En écoutant les débats politiques incompréhensibles en Platt par les vieux, débats d’où émergeaient au milieu de ce gloubilboulga rude à mes oreilles de trop délicat Nancéen des « Ségolène » et « Nicolas » rageurs… Mais j’en garde un si bon souvenir… des saucisses aussi. Du picon aussi. Le picon… aaaaah, toute une culture, le picon… si bien assimilée par l’ensemble des Lorrains…
Mais que ça cause Moselle de là-bas, bon, d’accord, mais y’a pas besoin d’aller si loin. Le gars de Crévic, S*, il me raconte qu’il est de Chaligny au départ. Chaligny. Ce joli coin au bord de la Moselle. Alors du coup, comme le gaillard a la quarantaine, ça cause encore. Même que la famille de l’un de mes meilleurs potes, qui est de Neuneu, bah il la connaît. Peu de gens ne les connaissent pas, d'ailleurs, ils sont pas discrets discrets, et si ce n’est pas personnellement, c’est au moins de réputation qu'on entend parler d'eux, entre Messein, Neuves-Maisson, Pont-Saint-Vincent, Chaligny, Chavigny, ce petit coin de Lorraine qui peut vivre seul s’il le veut, qui est un pays à lui tout seul…
« _Chaligny ? Alors t’as connu l’époque des hauts-fourneaux à Neuves-Maisons ?
_Oui, je m’en souviens bien, c’était très animé. Puis j’ai connu le creusement du canal…
_Le calibrage de la Moselle ?
Flottement…
_Non, enfin oui, le canal, quoi. Avant y’avait un terrain de sport là, avant qu’ils creusent. J’y allais toujours. Maintenant il est de l’autre côté des cités de la Plaine, près de l’Intermarché. Mais à l’époque, il était là où y’a le canal maintenant… quand ils ont creusé, ça faisait des sablières immenses, on allait jouer là-haut… »
Le discours se perd. Il émerge à nouveau au détour d’une part de tourte. Il me parle d’une maison qu’il a toujours voulu acheter à Chaligny. Mais qui n’a jamais été mise en vente, quoiqu’inoccupée. On sent pointer le regret. On se ressert du Champagne.
On fête des fiançailles au fait. Entre une Nancéenne ou peu s’en faut, et un Mosellan, du Saulnois.
De l’autre côté de la table, ça cause religion. Une nana de Laneuveville-Devant-Nancy évoque pour je ne sais quelle raison ses collègues de boulot « presque tous Mosellans ». Donc, qu’elle les croyait presque tous protestants. Parce Mosellans, c’est pas loin d’Alsacien, donc d’Allemand. Donc de Protestant. Qu’elle dit. La banlieusarde nancéenne qu’a pas vu grand chose d’autre dans sa vie. E* réagit. Elle est du coin de Dieuze. Que bah oui, on croit ça mais chez nous par exemple, les gens sont plutôt catholiques. Moi je fais mon malin, et je précise que oui, mais qu’à Dieuze, elle est encore chez les Romans, à un poil de cul près, mais quand même. Je ris à moitié tout seul. J'en rajoute une couche et précise dans ma mesquinerie que lors de la tempête de 1999, y’a bien que le clocher du temple Protestant qui s’est pété la gueule à Dieuze, que c’est bien un signe que Dieu a envoyé pour revendiquer le fait que Dieuze est dans l’aire culturelle romane et non germanique. Donc catholique. M*, le fiancé, du coin de Dieuze aussi, se bidonne. Moi je me demande encore pourquoi j’ai raconté ça., c'était moeyn drôle en fait. Les Mosellans de la table se taisent. Les Nancéens se taisent aussi, mais juste parce que la référence semble leur échapper. Ou le second degré, peut-être.
On repart sur le canal. Du Faubourg des III Maisons à Nancy jusque Laneuveville, en vélo, la piste cyclable. Enfin, on en parle, on le fait pas. On se raconte qu'on peut faire ce trajet d’une manière fort agréable, sans croiser la moindre route. Le long du canal. Quelqu’un m’apprend que les négociations entre la CUGN et les VNF furent épiques pour l’aménagement de l’ancien chemin de halage. J’ajoute que quoiqu’il en soit, c’est grâce à cette piste cyclable que j’ai connu toutes les anciennes maisons d’éclusiers si isolées entre Laneuveville et Messein, au bord de l’eau, jolies comme tout et que j’envie passablement. Que c’est aussi en maraudant en bécane par là-bas que j’ai découvert le bled Lupcourt, qui en dehors de son fort joli nom, m’a plu à mort. Mon pizzaiolo favori y habite, d’ailleurs, bien qu’il officie à Maxéville.
S* finalement connaît mal Crévic où il vit. On sent comme il reste attaché à son bassin de Neuves-Maisons, son Chaligny, son Maron, son Sexey. On sent, même s’il ne le dit pas, qu’il ne sent pas chez lui à Nancy où il bosse. Ni chez lui à Crévic où il vit. C’est pas sa vallée. Il préfère les champs inondés de Pont-Saint-Vincent aux champs inondés de Lunéville. Y’a quoi ? Trente ? Quarante bornes ? Bah il n’empêche que c’est pas chez lui. C’est bizarre. On le sent déraciné, dans le même département.
Je note pour plus tard qu’il faut penser à flinguer les amateurs de flexibilité et de mobilité. Mais y’a des années que je le note, remarque. D’ailleurs, pour préciser, ce ne sont pas tant les amateurs de ceci qu’il faut flinguer (ou pendre), que ceux qui parmi eux reprochent aux gens qui ont un univers de ne pas vouloir le quitter.
Le père D*, le plus ou moins patriarche, sort la Quetsche. Au début, je crois que c’est de la mirabelle. Après ce qu’on a bouffé, avec le café, ça va aller tout seul. Même s’il est largement temps de se casser. Mais, que je dis en m’adaptant comme un chacal, « après, bon, si vous sortez la mirabelle –il me corrige en faveur de la quetsche-, c’est mon devoir de Lorrain que de la goûter ».
Bah voyons.
Un peu jeune, on sent quand même le fruit. Nez trop fort, goût correc’. Je dirais.
Les conversations vont bon train, dans le fond. Y’a des mômes dans l’assistance qui déballent leurs cadeaux. Oui, leurs cadeaux, parce que c’est la Saint-Nicolas et qu’en Lorraine, mais en Belgique aussi, en Wallonie, disons, la Saint-Nicolas est souvent, au sein des familles, aussi importante que Noël. Même dès fois plus. A* nous explique que des amis à lui viennent demain voir le défilé à Nancy depuis Namur « parce que la Saint-Nicolas, c’est à Nancy que ça se passe ». On rigole un peu encore sur le mode clanique, les Mosellans de l’Est et les Nancéens, on se taraude gentiment. Tout le monde est d’accord quand même pour faire des blagues sur Metz. Je le note. C’est marrant. Curieux, quoi, comme des accointances improbables, même planquées sous le vernis humoristique, font surface, quand Mosellans orientaux rient de leur capitale avec celle des Nancéens, qui est administrativement la même, bien que les Nancéens, même inconsciemment, restent persuadés qu’en Lorraine, il n’y a pas d’autre ville que Nancy.
En tant qu’antédiluvien Nancéen, je sais de quoi je parle, je connais ma bêtise par cœur… comme si je l’avais faite…
C’est une soirée en Lorraine. On évoque les castors qui paraît-ils sont remontés des Vosges le long de la Moselle depuis Charmes ou Bayon, on sait plus trop, jusque Pont-Saint-Vincent. On boit des coups. On parle de Pulnoy. On se dit que vraiment, la route de Sarrebourg, elle est dangereuse, que c’est dommage que Blâmont ne soit pas mieux desservie, on parle un peu de forts et de champs de bataille, Manonvillers, Bois-Bourrus, Liouville, Frouard et autres forts de l’Est qui ont cessé depuis un siècle de garder une frontière qui heureusement n’existe plus et tombent dans l’oubli, truffant nos bois de vestiges sinistres et beaux, à la fois. Nos bois écorchés vifs encore de presque quatre siècles de conflits militaires que l’Europe a trouvé malin de venir faire chez nous… ‘fin, chez nous, entre autres, bien entendu… n’empêche que dans certains coins de la Lorraine, bah les cimetières militaires, y’en a à tous les villages et ça fait partie du décor.
Quelqu’un parle du déterrage de l’affaire Grégory, pis ça rigole… pis on parle du feu d’artifice de la Saint-Nicolas dans la plupart des communes de taille raisonnable en Lorraine. Pis bon. Faut y aller. J’étais pas à fond dans mon élément. Vraiment pas. Déjà, des fiançailles, bon, je savais même pas que ça existait encore. Mais je vais être témoin. Et parrain de la bout' eud’choute qui va arriver incessamment sous peu. Alors forcément j’étais là.
J’me disais en rentrant, dans le silence de la voiture, la tête brumeuse de vin, de champagne et de bouffe, la nuit au fond des yeux, que je hais les gens qui sont fiers de leurs origines, qui confisquent aux autres leur identité pour la graver dans la cire, la rendre immuable, et donc morte.
Mais que j’ai une grande tendresse, et une grande affection pour ceux qui l’ont intériorisée et la manifestent sans s’en rendre compte, l’expriment avec liberté, licence, et légèreté, sans jamais se formaliser. Ou pour la forme, juste parce que c’est en eux. Et qu’il n’en font pas grand cas. Juste que c’est leur univers et c’est tout, avec ses joliesses, avec ses mochetés. Qu’ils l’aiment ou le haïssent. C’est chez eux quand même, quoi. Sans lyrisme. Sans rien demander de plus.
Ils sont Lorrains. Je me sens comme ça aussi. J'aime sans prétention. J'aime parce que c'est comme ça. Et le reste m'importe peu. J'ai assez confiance en ce que je suis, en ce que je crois, en ce que j'aime, pour ne pas avoir besoin de m'en frapper le torse comme un gorille. Tout le reste, la promotion de la région à deux balles, n'est autre que vaine et pathétique tentative de raccrocher les wagons de la grande lutte compétitive ultra-libérale. Je préfère disparaître que de m'abaisser à y participer activement, et trahir ce que je suis, ce que je crois, ce que j'aime.
J’aurais pu être Malien, ou Laotien, ou Canadien, ou Australien, peut-être Parisien. Et je suis convaincu que j’aurais aussi aimé l’être, dans tous les cas.
Allez, Louis Mairet, je te laisse encore la parole, toi qui écrivais avec sagesse, dans l’horrible tourmente, en plein juillet 1916, alors que commençait la boucherie de la Somme :
« La voilà donc ouverte cette nouvelle course à la mort. Un nouveau charnier prend place dans une illustre lignée. Combien de blonds Tommies rasés, de rudes paysans de nos campagnes vont encore rendre leur corps à la terre et leur âme à Dieu ! Et pour quelle chimère ! Savent-ils pourquoi ils se battent ?… Pour l’Alsace-Lorraine ?… Qui croit encore que l’Europe est en feu pour ce lopin de terre ? Se battent-ils pour la patrie ? Ils ne la connaissent point. Les idées générales restent inaccessibles au vulgaire. Prenez cent hommes du peuple, parlez-leur de la patrie : la moitié vous rira au nez, de stupeur et d’incompréhension. Vingt-cinq autres nous diront qu’il leur indiffère d’être Allemand ou Français, que le nom ne change rien à la chose, que dans tous les pays les forts vivent sur les faibles, qu’ils ne connaissent pas cette patrie au nom de laquelle on tue, et on meurt, et que la patrie, s’il y en a une, c’est là où l’on vit bien. Le reste, entraîné dans le mouvement individualiste, renie un préjugé qui associe la personne au groupe, qui étouffe son libre développement, qui lui impose le danger, la mort, au profit d’une société de gavés. »
Crève le nationalisme. Crève la fierté des racines. Crève le patriotisme.
Et réhabilitons la notion de classe sociale. Car « dans tous les pays les forts vivent sur les faibles, [qu’] ils ne connaissent pas cette patrie au nom de laquelle on tue, et on meurt, et que la patrie, s’il y en a une, c’est là où l’on vit bien ».
Connaître, étudier et aimer ses racines n’empêche pas de penser autrement qu’avec ce con de sang, cette bêtise de fierté généalogique, cette foutue saloperie de drapeau que personne sauf les dominants ont choisi. Dans ces conditions, à bas le drapeau, quelle que soit sa couleur…
Et c’est un Lorrain avec quatre siècles d’ascendants paternels et maternels locaux –oui, un genre de consanguin- qui vous l’affirme !
Tous ces sentiments si ambivalents liés à la naissance, à l’origine, aux racines sont d'abord des affaires personnelles, et ne peuvent se résumer à l’égide de la fierté nationale, lorraine, française, ou quelle qu’elle soit. Le penser est faire insulte et honte aux individus distincts, complexes et paradoxaux que nous sommes tous et toutes!
Les préjugés réciproques
Discuté avec un gars, en regardant le campement, de l'autre côté du canal, juste avant Jarville, encore côté Nancy. Eh, pour un gars qui ne veut pas voir les Manouches et qui veut ne rien avoir à faire avec eux, bah dis-donc, il s'y connaissait drôlement le gars.
Même s'il était gentil, dès qu'on parlait d'autre chose.
jeudi 8 janvier 2009
Le pont anti
Ah ah ah, tu m'étonne!
(par contre, tu mettras un "s" à bastard, s'te plaît, c'est pas comme si on vivait dans un beau pays où y'en aurait qu'un seul...!)
mercredi 7 janvier 2009
mardi 6 janvier 2009
Pour changer du canal
lundi 5 janvier 2009
dimanche 4 janvier 2009
samedi 3 janvier 2009
La nuit vient
Soleil d'hiver (Niagara? Terrible c'te chanson, pas bien gaie... mais terrible!), juste avant la nuit, sur Malzéville.
vendredi 2 janvier 2009
Murs au Faubourg
Alfred Mézières, c'est un collège, maintenant.
Note la mise en image du "3 Maisons" sur la seconde photo. Je préfère la version avec trois maisons figurées plutôt qu'une. Je pense aux origines du nom de ce faubourg, et je me dis que c'est un chouette écho aux racines du quartier. Peut-être involontaire. Sûrement. Qu'importe. On les retrouve sur la photo du haut dans un puissant "3 Maisons en force". Il y a un peu plus d'un an que j'observe l'évolution de la graphie du machin, amusé, et elle a du mal de se fixer. Je crains qu'ils ne soient pris par ce crétin d'âge trop adulte avant d'avoir trouvé une forme définitive.
Je pense à "Aujourd'hui et demain" et "Les Jeunes cons" de la Souris Déglinguée... hommage spécial au Grand Bryan...
jeudi 1 janvier 2009
Deux images et une histoire arbitraire
Un coin de la place Carnot. Un coin que j'aime assez bien d'ailleurs. Quand j'étais plus jeune, le bar, l'Académie, c'était un repère des gens du lycée catho Saint-Sigisbert avec qui plusieurs camarades et moi étions "en guerre". L'un des camarades en question y avait passé un an, et avait bien morflé dans cet établissement qu'il a détesté. Pourtant c'était un fanatique, hein. Mais pas du même genre. Une fois, à l'Académie, j'y ai été. Avec une chouette fille d'ailleurs. Parce qu'elle connaissait des gens ici (était-elle si chouette?). Un bellâtre sortant de cours, insupportable, s'est installé au piano, et à commencé à jouer un truc long avec un air inspiré et 3000 balles de fringues qui chatoyaient sur lui. Yeux fermés, mouvements de tête abusifs, balayage visuel de la salle yeux mi-clos, parfois, pour s'assurer qu'on le regarde un peu quand même.
Je suis pas resté. Tout les autres lycéens du bar étaient du même moule.
Entretemps, j'ai appris le recul, le danger du stéréotype, même de la représentation sociale, saupoudrée d'un peu de stigmate, hop, c'est pour dire, bref, je suis devenu adulte, responsable, tolérant, même citoyen si ça s'trouve (eh merde). Enfin, il paraît. Je suis censé être devenu ça quoi. Un genre de socialiste mou du g'nou.
Eh bah n'empêche, quelle bande de cons ces bourges cathos de merde de Saint-Sigisbert... (ouais, c'est arbitraire, non-négociable et pas constructif, et ça m'va!)