C'est marrant, parce que tu te retrouves pour un gros quart d'heure avec des mecs en costards qui descendent ou reviennent de la capitale, toi, simple bosseur, et encore, réfractaire. Ils ont leur portable ouvert, ils font des trucs complexes dessus, des comptes ou quoi, vaguement sous Excel, et toi tu lis un bouquin de merde pour passer le temps.
La grande différence, c'est que toi tu souris, alors qu'eux, qui ont, en plus de leur costard et de leur PC, trois heures de train dans les pattes, ils tirent invariablement la gueule.

L'ambiance se détend, ceux qui savent préparent leurs affaires et tout. Mais ceux qui savent vraiment, comme il fait beau, ils regardent par la fenêtre comme le train semble vler en traversant la Moselle, comme Liverdun se livre avec générosité du haut de sa falaise.
Il vaut mieux, du point de vue du quidam moyen, parce que après, c'est Frouard, et Frouard, c'est la dèche niveau jolies vieilles pierres perchées. Enfin, pas tant que ça, mais pas vu du train en tous cas...


A Frouard, ce qui a marqué une amie Serbe en provenance de Metz, lors de son premier séjour en Lorraine, loin de la grise mais si belle Belgrade, c'est les silos. Des tas de silos. Je sais pas si ça se fait les silos, en Serbie, mais elle ne s'en remettait pas. Pourtant, c'est rien de plus qu'une bombe à retardement biologique, un gros cube en béton sans fissures, théoriquement, qui reste bien à sa place et ne bouge que le jour où on l'abat. En tous cas, les silos, à Frouard, ça se fait.

La peur peut-être?
Ouais, ouais.
1 commentaire:
Et c'est bien vrai que. parfois, les gens ont plus que ce qu'ils ont besoin pour avoir un sourire sur leurs visages...
Et c'est bien vrai que, parfois, on a beaucoup besoin de ce type de gens pour se rendre compte qu'on fait mieux avec moins ou fait plus avec le presque rien qu'on a...
Et c'est bien vrai aussi que, si on rancontre quelqu'un qui a encore moins que nous et qui sourit encore plus que nous, on decouvre que, finallement, on manque encore du chemin à traverser pour être vraiment puissants.
Et oui, puisants. Munis d'un capital inextingible et si grand qu'on n'a pas inventé une machine capable de le compter, des êtres avec un pouvoir exceptionel sur nôtre destin et celui des gens autours: la joie.
Merci de me faire decouvrir l'autre visage de mon ancien Dadu. Je ne sais pas, pourtant, si ton espagnol marche bien mais je t'invite à te promener par mes lignes... ;)
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