Lecteur, va falloir que tu fasses un effort. Parce que là, on parle de Verdun, et j'en ai ramené des endroits, et Verdun c'est très spécial. Là, au-dessus, c'est une tour de la cathédrale qui émerge, bien entendu après restauration d'après 1918 au-dessus du...
... Centre mondial de la Paix. Bon, je vais juste te causer pierres, que si t'aimes les pierres, ça fait toujours plaisir, cet édifice arrondi juste ce qu'il faut, c'est plaisant à l'oeil. Austère, mais plaisant.
Dans la cloître de la cathédrale, mon ami, y'a des statues, austères elles-aussi. Verdun est une ville austère.
Et quand tu vois leur tête, aux statues, tu comprends que les petits humains mettent du temps à les appréhender.
On tourne autour, on s'apprivoise, on se jauge, sous le ciel gris qui semble en permanence porter un jugement péremptoire sur le moindre de tes pas. On finit par s'adopter. Finalement, les extasiés religieux figés deviennent familiers, et on peut enfin les regarder dans les yeux.
Mais ça prend du temps. La cathédrale de Verdun est grise, sous un ciel gris et inquisiteur, avec de la pierre grise. Elle est solennelle, dure, résignée.
J'aime l'aspect rude et peu engageant de ce genre d'édifices, leur retenue et leur inclination à ne pas se laisser saisir du regard, quitte à jouer l'incompréhension.

Tu veux que je te dise? La cathédrale de Verdun, elle est timide. C'est pour ça qu'elle fait la gueule tout le temps. C'est sa façon de se défendre. On utilise les armes que l'on peut.
Et puis, quand tu vois ses cicatrices de guerre, tu admets un peu mieux son mutisme, tu le regarde avec une tendresse soudaine et touchante.
C'est une vieille dame éprouvée. Elle aime bien la visite, mais se fatigue vite.
La cathédrale.
A Verdun.